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Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed rend visite au chef de l’armée soudanaise sur la côte de la mer Rouge

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a rencontré mardi le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée soudanaise, devenant ainsi le premier dirigeant étranger à lui rendre visite dans sa capitale de guerre, Port Soudan, depuis le début du conflit entre l’armée et les paramilitaires Forces de soutien rapide (FSR).

Abiy, qui était auparavant considéré comme plus proche des FSR que de l’armée et qui a accueilli son chef Mohamed Hamdan Dagalo à Addis-Abeba en décembre, a présenté cette visite comme s’inscrivant dans le cadre d’une campagne visant à ramener la stabilité au Soudan après près de 15 mois de conflit.

La guerre entre les factions militaires soudanaises a contraint près de 10 millions de personnes à quitter leurs foyers, créé des conditions proches de la famine dans certaines parties du pays et menacé de déstabiliser la région.

Alors que les FSR ont pris la majeure partie de la capitale Khartoum ainsi que le centre et l’ouest du Soudan, l’armée contrôle les États de l’est et du nord, dont Port-Soudan, qui est devenu sa base.

Les pourparlers organisés par l’Arabie saoudite et les États-Unis à Djeddah pour négocier un cessez-le-feu ont été bloqués l’année dernière et les tentatives visant à ramener l’armée à la table des négociations ont jusqu’à présent échoué.

Des images partagées par les deux parties montraient Burhan et Abiy riant et marchant main dans la main après l’arrivée du dirigeant éthiopien. Sur X, le bureau d’Abiy a qualifié cette visite de comme faisant partie des efforts visant à trouver des « solutions durables pour la stabilité du Soudan ».

Cette visite a eu lieu après qu’une attaque des FSR contre l’État de Sennar, dans le sud-est du pays, le mois dernier, a rapproché la guerre de la frontière entre le Soudan et l’Éthiopie. Certains signes indiquent que les FSR s’implantent dans l’État de Gedaref, qui accueille plus de 600 000 Soudanais déplacés ainsi que des dizaines de milliers de réfugiés éthiopiens.

Le mois dernier, des agriculteurs soudanais de l’État ont déclaré que des miliciens éthiopiens Fano étaient entrés dans le territoire contesté de Fashaga entre les deux pays. Abiy a déclaré lundi dans un discours qu’il ne profiterait pas de la guerre pour régler la question et que son gouvernement ne se rangerait du côté d’aucune des parties.

La visite d’Abiy à Port-Soudan intervient également malgré les tensions passées avec l’armée.

Le leader des FSR, Dagalo, dit Hemedti, a choisi Addis-Abeba pour rencontrer la coalition civile Taqaddum critiquée par l’armée. L’un des adjoints de Burhan avait affirmé l’année dernière que des combattants éthiopiens soutenaient les FSR.

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