La peine de mort a été requise, lundi 29 juillet, contre vingt-cinq des vingt-six accusés (dont vingt et un en fuite) jugés par une cour militaire à Kinshasa pour leur participation à la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). Vingt ans de prison ont été requis par le ministère public contre le vingt-sixième prévenu. Les plaidoiries de la défense sont prévues mardi après-midi.
A l’ouverture du procès, le 24 juillet, les accusés étaient vingt-cinq, dont vingt en fuite et jugés par défaut, mais un prévenu, ancien porte-parole du M23, a été ajouté en cours de route. Ils sont poursuivis pour « crime de guerre », « participation à un mouvement insurrectionnel » ou « trahison », des faits pour lesquels l’accusation a requis la peine capitale.
Le principal accusé, en fuite, est Corneille Nangaa, ancien président de la commission électorale congolaise, qui a annoncé en décembre 2023, depuis Nairobi, la création d’un mouvement politico-militaire, l’Alliance Fleuve Congo (AFC), incluant le M23.
Les cinq prévenus physiquement présents au procès sont inconnus du public. L’un d’eux a clamé son innocence et affirmé avoir été arrêté arbitrairement du fait de son patronyme (Nangaa). C’est contre lui que le ministère public a requis vingt ans de détention. Mais au moins deux ont reconnu et revendiqué leur appartenance à l’AFC. « J’assume, je suis membre de l’AFC, à laquelle j’ai adhéré parce qu’il y a de l’injustice et de la discrimination dans ce pays », a clamé Nkangya Nyamacho, alias « Microbe ». « Le pays va mal », a-t-il ajouté.
Lors de l’audience du lundi 29 juillet 2024, Vianney Kazarama, autrefois la voix du mouvement rebelle en 2012, a été ajouté à la liste des prévenus. Des photos de lui ont récemment circulé dans les zones occupées par les rebelles du M23, et selon plusieurs sources, il s’était retiré au Rwanda. Kazarama, qui était présenté avec le grade de lieutenant-colonel, est désormais poursuivi comme les 25 autres accusés.
L’ancien président de la Commission Électorale Nationale Indépendante Corneille Nangaa et ses co-accusés sont poursuivis pour les griefs tels que crime de guerre, participation à un groupe criminel et enfin la trahison. Il leur est reproché d’avoir créé un groupe armé, qui combat l’armée régulière aux côtés de l’armée rwandaise. Les 21 prévenus qui ne sont pas sur place sont jugés par contumace.