Au Bénin, trois hommes, dont un ancien ministre et le responsable de la sécurité du président Patrice Talon, ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir fomenté un coup d’État, a indiqué le procureur de la République.
L’ancien ministre des Sports Oswald Homeky a été arrêté mardi alors qu’il remettait six sacs d’argent au chef de la Garde républicaine, Elonm Mario Metonou, a indiqué le procureur lors d’une conférence de presse.
C’est lors de cette remise « d’un milliard cinq cent millions de FCFA (un peu plus de 2 millions d’euros) que la Brigade criminelle a procédé à l’interpellation de Mr Oswald Homéky et du Commandant de la Garde républicaine », a annoncé le procureur.
Les enquêteurs ont déclaré que le colonel Djimon Dieudonné Tevoedjre avait été soudoyé pour ne pas résister au coup d’État prévu vendredi dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest.
Également détenu, l’homme d’affaires Olivier Boko, ami du président Talon, qui avait récemment indiqué avoir des ambitions politiques.
« Il apparaît que le Commandant de la Garde Républicaine ayant en charge la sécurité du chef de l’État a été entrepris par le ministre Oswald Homéky pour son compte et celui de Mr Olivier Boko à l’effet d’opérer par la force un coup d’État dans la journée du 27 septembre 2024 », a déclaré Elonm Mario Metonou, le procureur de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme au Bénin (CRIET).
Un enquête a été ouverte a indiqué la CRIET, afin « d’identifier toutes les personnes impliquées » dans la tentative de coup d’État.
Les avocats et partisans de M. Boko ont condamné ce qu’ils ont qualifié d' »enlèvement » et ont exigé sa libération immédiate.
Des enquêtes sont en cours pour identifier d’autres suspects, a indiqué le procureur.
Le Bénin, autrefois salué comme une démocratie multipartite, a pris un tournant plus autocratique sous la présidence de Patrice Talon, selon des organisations de défense des droits.
Le président Talon a annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat lors des élections de 2026.