Le gouvernement néerlandais étudie la possibilité d’envoyer des demandeurs d’asile en Ouganda si leur demande d’asile était rejetée. C’est ce qu’a indiqué mercredi la ministre du Commerce extérieur et du Développement, Reinette Klever, à l’issue d’une visite de travail dans le pays.
La politicienne du PVV a déclaré que c’était en fin de compte à sa collègue, la ministre de l’Asile Marjolein Faber, de développer l’idée. L’Ouganda semble disposé à accepter ce plan. Cela ne s’appliquerait qu’aux demandeurs d’asile provenant des pays de la région entourant l’Ouganda, ou de l’Ouganda lui-même, et ce pays serait payé par les Pays-Bas pour ce service, si le plan se concrétise.
« Nous entretenons une relation de longue date avec l’Ouganda et c’est un pays hospitalier. Le ministre de l’Asile Faber explorera davantage les possibilités », a déclaré Klever. « En fin de compte, nous voulons repousser la migration. Pour le gouvernement, il est important que les demandeurs d’asile déboutés retournent dans leur pays d’origine. Et cela peut parfois être un obstacle. »
L’Ouganda a été choisi car il accueille déjà de nombreux réfugiés, a déclaré Klever. Le plan nécessiterait d’être développé davantage, mais l’essentiel est que les demandeurs d’asile africains rejetés soient envoyés en Ouganda, où ils seront pris en charge et hébergés. L’Ouganda serait financièrement compensé pour cela.
Un nombre croissant de pays européens envisagent ces derniers temps d’utiliser des hubs de retour. Les centres de retour sont des lieux situés en dehors de l’Union européenne où les demandeurs d’asile déboutés seraient accueillis. Ils se dirigeraient ensuite vers leur pays d’origine.
Le projet a suscité des réactions immédiates de la part de diverses organisations de défense des droits de l’homme, qui ont fait part de leurs inquiétudes concernant le traitement et les droits des demandeurs d’asile. Les critiques soutiennent que la relocalisation de personnes vers l’Ouganda, un pays confronté à ses propres défis en matière de droits de l’homme et de traitement des réfugiés, pourrait accroître la vulnérabilité de ces personnes.
Les défenseurs des droits de l’homme soulignent que tout projet visant à envoyer des demandeurs d’asile déboutés en Ouganda doit donner la priorité à la sécurité et au bien-être de ces personnes. Ces préoccupations font écho aux critiques formulées précédemment à l’encontre de politiques similaires dans d’autres pays européens, où la relocalisation des demandeurs d’asile a été considérée comme un moyen de contourner les engagements de fournir un refuge.