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Un ancien médecin rwandais condamné en France à 27 ans de prison pour son rôle dans le génocide contre les tutsi

Arrêté par les autorités françaises en 2010, Eugène Rwamucyo, un ancien médecin rwandais, a été condamné, mercredi, par la cour d’assises de Paris à 27 ans de réclusion criminelle pour son rôle dans le génocide des Tutsi en 1994. Son avocat a appel.

Eugène Rwamucyo, 65 ans, a été reconnu coupable de « complicité de génocide », de « complicité de crimes contre l’humanité » et de « complot » visant à préparer le terrain à ces crimes. Il a été acquitté des accusations de « génocide » et de « crimes contre l’humanité ».

« C’est un verdict qui n’est pas acceptable pour Eugène Rwamucyo, rendu à l’issue d’une audience dont le déroulement n’a pas été digne du procès historique qu’il aurait dû être », a réagi son avocat, Me Philippe Meilhac, qui a annoncé son intention de faire appel.

Rwamucyo a nié tout acte répréhensible tout au long du procès qui a duré quatre semaines.

Trois décennies après le génocide, plusieurs témoins se sont rendus à Paris pour le procès de quatre semaines et ont donné des descriptions graphiques des massacres dans la région de Butare où se trouvait Rwamucyo à l’époque.

Il s’agit du septième procès lié au génocide d’avril 1994 porté devant le tribunal de Paris au cours de la dernière décennie.

Des témoins ont décrit des charniers et des personnes enterrant des corps, y compris des groupes de prisonniers à qui on avait demandé de faire ce travail. Certains ont affirmé que les blessés avaient été enterrés vivants. Selon ces témoins, ce travail d’ensevelir les corps était supervisé par le Dr Rwamucyo. Rwamucyo a été aussi accusé de diffusion de propagande anti-Tutsi.

L’ancien médecin a déclaré que son rôle dans les enterrements de masse était motivé uniquement par des considérations « liées à l’hygiène » et a nié que les survivants aient été enterrés vivants.

Rwamucyo a été arrêté dans une banlieue nord de Paris en 2010. Il travaillait alors comme médecin dans un hôpital du nord de la France.

Des policiers français l’ont arrêté alors qu’il assistait aux funérailles de Jean Bosco Baravagwiza, considéré comme l’un des cerveaux du génocide. Baravagwiza avait été reconnu coupable par le Tribunal pénal international pour le Rwanda en 2003.

En décembre de l’année dernière, un autre médecin, Sosthène Munyemana, a été reconnu coupable de génocide, de crimes contre l’humanité et d’aide à la préparation d’un génocide et condamné à 24 ans de prison. Il a lui aussi fait appel.

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