Le gouvernement tchadien met fin à l’accord de coopération en matière de défense avec la France, son ancienne puissance coloniale, afin de redéfinir la souveraineté du pays, a déclaré jeudi le ministre des Affaires étrangères, Abderaman Koulamallah, dans un communiqué.
Le communiqué présise que la décision de mettre fin à l’accord permettra au Tchad de redéfinir ses partenariats stratégiques conformément aux priorités nationales.
Le Tchad était l’un des derniers pays de la région dans lequel la France maintenait une présence militaire importante, après avoir été chassé ces dernières années du Niger, du Mali et du Burkina Faso après des années de lutte contre les extrémistes islamistes aux côtés des troupes régionales. Ces pays se sont rapprochés de la Russie, qui a déployé des mercenaires dans tout le Sahel.
Les analystes affirment que Déby se méfie de la France depuis un certain temps et que cette décision crée une opportunité pour d’autres pays, notamment la Russie, la Turquie et les Émirats arabes unis.
La France compte environ 1 000 soldats au Tchad, et le communiqué ne précise pas quand ils doivent partir.
Le Tchad a déclaré que cette décision ne remettait en aucun cas en question les liens historiques entre les deux pays et qu’il souhaitait entretenir des relations dans d’autres domaines d’intérêt commun.
La France dispose toujours de 350 soldats au Sénégal, autre ancienne colonie, qui reste un partenaire sécuritaire dans la région. Mais la présence militaire française sur place semble également menacée.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a déclaré aux journalistes qu’il était « évident » qu’il n’y aura bientôt plus de soldats français sur le sol sénégalais. Faye a ajouté que la relation avec l’ancien colonisateur devait être redéfinie.
« Ce n’est pas parce que les Français sont là depuis l’esclavage qu’il est impossible de faire autrement », dit-il.