Le Botswana a rendu public un nouveau fonds souverain destiné à stimuler la diversification économique, à créer des emplois et à renforcer la gestion des entreprises publiques, ont confirmé mercredi des responsables gouvernementaux.
Cette initiative intervient dans un contexte difficile pour ce pays d’Afrique australe, longtemps considéré comme une réussite économique africaine, mais qui subit aujourd’hui les conséquences d’un effondrement prolongé du marché mondial du diamant, sa principale exportation.
Depuis plus de trois décennies, le pays gère le Fonds Pula, un fonds souverain géré par la banque centrale, qui préserve les revenus du diamant pour les générations futures et constitue une protection contre les chocs budgétaires. Cependant, des années de déficits récurrents ont considérablement érodé les réserves du Fonds Pula.
Le nouveau fonds souverain vise une mission plus large. Son premier conseil d’administration comprend des experts locaux et internationaux, chargés de repenser la manière dont le Botswana peut utiliser ses ressources pour stimuler la croissance.
Le président du conseil d’administration, Farouk Gumel, a expliqué que, contrairement au Fonds Pula, la nouvelle institution ne se limitera pas à l’épargne.
Il a souligné que le mandat s’étendrait à la gestion des actifs, y compris de certaines des entreprises publiques les moins performantes du pays.
La vice-présidente du conseil d’administration, Emma Peloetletse, qui est également secrétaire permanente du président, a ajouté que la structure du fonds garantirait sa pérennité. « L’objectif était de tirer profit uniquement des rendements générés par le fonds, et non de ses investissements en capital », a-t-elle expliqué. Elle a également confirmé que les investissements pourraient être réalisés au Botswana et à l’étranger.
Le Botswana gère actuellement des dizaines d’entreprises publiques, dont beaucoup connaissent des difficultés financières et nécessitent un soutien gouvernemental continu. Les responsables espèrent que le nouveau fonds contribuera à faire de ces entreprises des contributeurs viables au revenu national.
L’économie du pays s’est contractée de 3 % l’année dernière, et les prévisions annoncent une nouvelle contraction en 2025 en raison du ralentissement persistant des ventes de diamants. Les diamants représentent encore environ 75 % des recettes d’exportation et un tiers des recettes publiques, ce qui expose le pays à la volatilité des marchés mondiaux.
Cette vulnérabilité économique a incité le pays à intensifier ses efforts de diversification. Plus tôt cette année, le président Duma Boko a lancé le Programme de transformation économique du Botswana (BETP), un cadre stratégique visant à réorienter l’économie du pays vers une économie au-delà des diamants. Le BETP donne la priorité au développement de l’industrie manufacturière, de l’agriculture, des services financiers et du tourisme, tout en positionnant le Botswana comme un pôle financier régional.
L’accent mis sur l’innovation numérique et le commerce électronique est un élément central de ce plan. Le gouvernement a déployé une stratégie nationale de commerce électronique afin de favoriser une économie de la connaissance dynamique, de soutenir l’entrepreneuriat et d’amorcer une transition de l’extraction des ressources vers une croissance numérique. Des améliorations des infrastructures, notamment dans les domaines des transports, de la logistique et des pôles technologiques, sont également en cours afin d’attirer les investissements nationaux et étrangers.
Le tourisme demeure un autre pilier de la diversification. Fort de sa faune et de ses réserves naturelles de renommée mondiale, le Botswana promeut l’écotourisme comme un secteur durable, générateur d’emplois et de devises. Les petites et moyennes entreprises sont également encouragées par des initiatives visant à améliorer l’accès au financement et à de nouveaux marchés.
Ces mesures s’inscrivent dans la Vision 2036, le plan de développement à long terme du pays, qui envisage une croissance inclusive et durable. Ce plan met l’accent sur les réformes du secteur public afin de créer un environnement commercial plus compétitif et de libérer tout le potentiel du secteur privé.
Le nouveau fonds souverain du Botswana est donc plus qu’un mécanisme financier. Il s’agit d’un outil stratégique destiné à protéger l’économie des chocs externes, à orienter les investissements vers les secteurs prioritaires et à propulser le pays vers un avenir diversifié.
Alors que les revenus du diamant déclinent, l’urgence d’une transformation se fait plus pressante. En combinant une gestion financière rigoureuse à des investissements audacieux dans de nouvelles industries, le Botswana entend préserver son héritage de stabilité tout en construisant des fondations plus résilientes pour les décennies à venir.