Les électeurs guinéens ont massivement soutenu la nouvelle constitution qui pourrait permettre au chef du coup d’État, Mamady Doumbouya, de se présenter à l’élection présidentielle s’il le souhaite, selon les résultats partiels publiés lundi soir.
La directrice générale des élections de Guinée, Djénabou Touré, a annoncé lors d’un point-presse à Conakry que 19 454 bureaux de vote avaient jusqu’ici été « dépouillés et validés » sur un total de 23 662 bureaux de vote à travers ce pays d’Afrique de l’Ouest. « Taux de participation par rapport aux bureaux de vote dépouillés et validés : 91,4 %. Total des électeurs ayant voté : 4 825 292 », a-t-elle poursuivi.
Djénabou Touré a ensuite annoncé les résultats partiels et provisoires des bureaux dépouillés, une victoire du « oui » à plus de 80 % se dessinant dans une majorité de bureaux de vote.
Alors que le référendum a été perçu comme une étape vers les élections et le retour à un régime civil en Guinée, les opposants de Doumbouya l’ont critiqué comme une prise de pouvoir de sa part.
La charte adoptée après le coup d’État interdisait aux membres du gouvernement de transition de briguer des fonctions publiques. Mais cette disposition ne figurait pas dans la constitution soumise aux électeurs dimanche.
L’opposition avait appelé au boycott de ce scrutin, accusant la junte, qui a pris le pouvoir il y a quatre ans, de vouloir s’y maintenir à la faveur de ce référendum.
Malgré cela, les électeurs guinéens se sont mobilisés en nombre, affirmant leur volonté de sortir enfin de la transition militaire, entre ceux souhaitant ardemment le retour des civils au pouvoir et d’autres soutenant le chef de la junte et sa potentielle candidature à une future présidentielle.
Le vote à travers le pays s’est globalement déroulé dans le calme avec pas moins de 45 000 agents des forces de défense et de sécurité mobilisés dimanche pour le sécuriser.