Les membres du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies ont adopté vendredi une résolution demandant la création d’une mission d’établissement des faits indépendante chargée d’enquêter sur les massacres signalés à al-Fashir, au Soudan.
Lors d’une session spéciale du Conseil à Genève consacrée à la situation dans cette ville du Darfour, tombée aux mains des forces paramilitaires en octobre, le texte a été adopté sans vote, signe fort de soutien international.
La mission d’établissement des faits s’attachera également à identifier les auteurs des violations qui auraient été commises par les Forces de soutien rapide et leurs alliés à al-Fashir.
L’ambassadeur de la mission permanente du Royaume-Uni à Genève a déclaré que la mission d’établissement des faits documenterait et préserverait les preuves des violations, jetant ainsi les bases d’une justice et d’une responsabilisation futures.
Dans son discours d’ouverture aux délégués, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a exhorté la communauté internationale à agir.
« Il y a eu trop de faux-semblants et de belles paroles, et trop peu d’actions. Il faut s’élever contre ces atrocités, cette démonstration de cruauté gratuite utilisée pour subjuguer et contrôler toute une population », a déclaré Volker Turk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.
Les Forces de soutien rapide (FSR) ont nié cibler des civils ou bloquer l’aide humanitaire, affirmant que ces agissements sont le fait d’acteurs isolés.
La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme met en garde contre la recrudescence des violences au Kordofan.
Turk a également appelé à des mesures contre les individus et les entreprises qui alimentent et profitent de la guerre au Soudan, et a lancé un avertissement alarmant concernant la recrudescence des violences dans la région du Kordofan, au centre du Soudan, marquée par des bombardements, des blocus et des déplacements forcés de population.
Le Kordofan est une région composée de trois États qui sert de zone tampon entre les bastions des FSR à l’ouest du Darfour et les États contrôlés par l’armée à l’est.
La chute d’al-Fashir aux mains des FSR le 26 octobre a consolidé leur contrôle sur la région du Darfour, après plus de deux ans et demi de guerre civile contre l’armée soudanaise.
L’agence des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré vendredi que des dizaines de milliers de personnes ayant fui al-Fashir sont portées disparues, ce qui suscite des inquiétudes quant à leur sécurité après des informations faisant état de viols, de meurtres et d’autres exactions commises par des fugitifs.