Le Burkina Faso a enregistré un net recul des demandes d’asile au cours du premier trimestre 2026, tandis que plusieurs centaines de migrants burkinabè sont rentrés au pays. Ces données, publiées par le ministère des Affaires étrangères dans la cinquième édition de Diplomatie burkinabè en chiffres, illustrent l’évolution des dynamiques migratoires dans un contexte international marqué par un durcissement des politiques d’immigration dans de nombreux pays.
Entre janvier et mars 2026, les autorités burkinabè ont recensé 142 demandes d’asile, contre 1 467 à la même période un an plus tôt. Cette diminution spectaculaire intervient alors que plusieurs États renforcent leurs dispositifs de contrôle aux frontières et durcissent les conditions d’accès à la protection internationale.
Une chute importante des demandes de protection
Les chiffres du Secrétariat permanent de la Commission nationale pour les réfugiés (CONAREF) montrent que les femmes représentent la majorité des personnes ayant sollicité l’asile au Burkina Faso durant les trois (3) premiers mois de l’année. Sur les 142 dossiers enregistrés, 86 concernent des femmes, soit plus de 60 % des demandeurs, tandis que 56 dossiers ont été déposés par des hommes.
Pour les autorités, ces demandes s’inscrivent dans le cadre des engagements internationaux du Burkina Faso en matière de protection des personnes déplacées et des réfugiés. Malgré les défis sécuritaires et économiques auxquels le pays est confronté, l’État continue d’assurer l’enregistrement et le traitement des requêtes introduites par les personnes en quête de protection.
Cette baisse du nombre de demandes pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment la réduction des mouvements migratoires dans certaines zones de crise, mais aussi par le renforcement des contrôles migratoires dans les pays de transit et de destination.
Plus de 440 migrants burkinabè de retour au pays
Parallèlement à la gestion des demandes d’asile, les autorités ont accompagné le retour de 442 migrants burkinabè au cours du premier trimestre 2026. Ce chiffre reste élevé même s’il est légèrement inférieur aux 481 retours enregistrés durant la même période en 2025.
Ces opérations sont réalisées avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et visent à faciliter la réintégration des personnes revenues de l’étranger, souvent après des parcours migratoires difficiles.
Les hommes constituent la grande majorité des bénéficiaires avec 311 personnes, soit plus de 70 % des retours enregistrés. Les femmes représentent 63 personnes, tandis que 68 enfants figurent parmi les migrants assistés.
Selon les services statistiques du ministère, ces retours sont en partie liés au renforcement des politiques migratoires dans plusieurs pays d’accueil. Les restrictions administratives, les difficultés de régularisation et les mesures d’éloignement de plus en plus fréquentes contribuent à l’augmentation des retours volontaires ou forcés vers les pays d’origine.
Prudence AGBALETI