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Deux ressortissants ghanéens demandent à la CPI d’enquêter sur les violences xénophobes en Afrique du Sud

Deux ressortissants ghanéens ont demandé à la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquête préliminaire sur les attaques visant des ressortissants étrangers en Afrique du Sud, des actes qui, selon eux, pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

L’Afrique du Sud connaît, ces derniers mois, une vague de manifestations anti-immigrés, parfois accompagnées de violences envers les étrangers ; les manifestants les tiennent pour responsables de problèmes tels que la criminalité et le chômage. Plusieurs migrants africains ont trouvé la mort lors de ces violences, tandis que d’autres ont été passés à tabac et ont vu leurs domiciles et leurs commerces pillés. Des dizaines de milliers d’entre eux ont fui le pays.

La pétition, déposée auprès de la CPI le 15 juillet, dénonce une « série d’attaques généralisées et systématiques » contre les migrants en Afrique du Sud et accuse le gouvernement du président Cyril Ramaphosa de ne pas avoir empêché ni puni ces crimes, y compris les meurtres.

Un porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères a qualifié la pétition d’opportuniste.

« L’Afrique du Sud dispose d’un cadre juridique national sophistiqué et sa législation offre des garanties complètes et des mesures d’application contre toute forme de discrimination, y compris l’intolérance fondée sur l’origine sociale », a déclaré le porte-parole, Chrispin Phiri.

La pétition a été déposée par Palgrave Boakye-Danquah, ancien porte-parole du gouvernement ghanéen pour la gouvernance et la sécurité, et Emmanuel Kotin, analyste en contre-terrorisme et sécurité.

« Depuis des années, des frères et sœurs africains sont tués, battus et chassés de leurs foyers en Afrique du Sud », ont-ils déclaré dans un communiqué de presse.

« De graves problèmes »

« Si nous saluons les personnes en Afrique du Sud qui ont condamné ces actes, la fréquence, l’ampleur et la récurrence de ces violences soulèvent de sérieuses questions quant à l’incapacité des autorités étatiques à prévenir, enquêter et punir ces crimes », poursuit le communiqué.

Le président Ramaphosa a déjà condamné ces attaques et mis en garde contre le risque de faire des immigrés des boucs émissaires pour des problèmes profondément enracinés.

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