Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a obtenu vendredi une décision de justice suspendant temporairement l’enquête parlementaire en vue d’une procédure de destitution, laquelle porte sur des allégations de faute liées au scandale « Farmgate ».
Cette décision lui évite probablement de nouveaux embarras liés à l’affaire jusqu’au début du mois de septembre ; il tentera alors d’obtenir de ce même tribunal l’annulation du rapport d’une commission concluant qu’il a potentiellement violé la Constitution.
L’affaire Farmgate a impliqué le vol de liasses de devises étrangères dissimulées dans un canapé du ranch de Ramaphosa en 2020. Il a toujours nié toute malversation et affirmé que les 580 000 dollars volés provenaient de la vente de buffles. Cependant, cet épisode a soulevé des questions quant à la présence d’une telle somme d’argent cachée dans des meubles et a terni son image de défenseur de la lutte contre la corruption.
Même si la procédure de destitution est engagée et aboutit à un vote parlementaire sur la destitution de Ramaphosa, les analystes politiques prévoient qu’il restera au pouvoir.
Ramaphosa bénéficie toujours du soutien de son parti, le Congrès national africain (ANC), le plus important du pays, qui dirige un gouvernement de coalition.
On ignore comment les partenaires de coalition de l’ANC voteraient lors de la procédure de destitution, mais certains soutiendraient probablement Ramaphosa ; par ailleurs, l’ANC dispose à lui seul d’un nombre suffisant de membres pour empêcher sa destitution.
L’Alliance démocratique, principal partenaire de coalition de l’ANC, a déclaré vendredi que la question de l’examen par Ramaphosa du rapport de la commission devait être réglée de toute urgence.
« Les Sud-Africains […] sont en droit d’obtenir des réponses et de savoir que les mêmes exigences en matière de responsabilité s’appliquent à toute personne exerçant une fonction publique », a-t-elle affirmé dans un communiqué.
Les services de Ramaphosa ont indiqué qu’il avait pris acte de la décision de justice et qu’il coopérerait aux procédures visant à établir les responsabilités.
Âgé de 73 ans, Ramaphosa est chef de l’État depuis 2018, date à laquelle il a accédé au pouvoir en promettant de lutter contre la corruption. Son second mandat présidentiel doit s’achever en 2029.