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Le Tchad se retire de la Cour Pénale Internationale et des statuts de Rome

Le Tchad a annoncé lundi son intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), jugeant son efficacité « limitée et inégale » et pointant du doigt sa focalisation sur l’Afrique.

Cette décision emboîte le pas au Burkina Faso, au Mali et au Niger, qui ont annoncé conjointement en septembre leur retrait de la CPI, laquelle poursuit des individus pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

La décision du Tchad fait suite à « un examen approfondi du fonctionnement de la Cour pénale internationale depuis le début de ses activités en 2002, ainsi que de son bilan, dont l’efficacité demeure limitée et inégale selon les régions », a déclaré un porte-parole du gouvernement dans un communiqué.

Le gouvernement a également dénoncé ce qu’il a qualifié de concentration des activités de la CPI sur les pays africains.

Sur les 13 enquêtes ouvertes par la Cour depuis son entrée en vigueur, neuf concernent des États africains, contre quatre ouvertes dans d’autres régions du monde « mais sans aucun progrès concret », a précisé le gouvernement tchadien.

« La Cour ne détient que sept personnes, dont six sont poursuivies dans le cadre de dossiers africains », a-t-il ajouté.

Selon un communiqué publié la semaine dernière sur le site officiel du ministre des Affaires étrangères, la décision de quitter la CPI fait suite à une demande des États-Unis.

Il a été indiqué que le sous-secrétaire d’État américain chargé des affaires africaines avait appelé le gouvernement tchadien à reconsidérer son adhésion à la CPI lors d’un entretien téléphonique jeudi.

« La partie américaine a exprimé ses préoccupations quant au fonctionnement de cette institution et a appelé le Tchad à revoir son adhésion au Statut de Rome », indique un communiqué.

Cette décision intervient alors que des organisations nationales et internationales évoquent une implication présumée du Tchad dans le conflit au Soudan voisin.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger — des pays sahéliens d’Afrique de l’Ouest dirigés par des régimes militaires issus de coups d’État survenus entre 2020 et 2023 — ont qualifié la Cour d’« instrument de répression néocoloniale aux mains de l’impérialisme ».

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