L’épidémie d’Ebola qui se propage rapidement en République démocratique du Congo a débuté en janvier, voire plus tôt, dans la province orientale de l’Ituri, selon un rapport publié dans la revue « Science ».
Le rapport, fondé sur des entretiens avec 97 personnes, a conclu que l’épidémie avait débuté au moins en janvier, à la périphérie de la ville minière de Mongbwalu.
Des experts avaient précédemment indiqué que le virus circulait depuis des semaines, voire des mois, avant que cette épidémie — la 17e en République démocratique du Congo — ne soit officiellement déclarée par la principale agence de santé publique du continent africain.
Selon le rapport, une équipe de chercheurs a recensé plus de 500 cas suspects entre la mi-janvier et le 15 mai, date de l’annonce de l’épidémie.
« Une chaîne de transmission a débuté avec une femme de 50 ans, identifiée uniquement sous la lettre A, décédée le 25 janvier après avoir vomi du sang. Sa mère est morte six jours plus tard ; son mari est tombé malade mais a survécu », précise le document.
Les scientifiques ont interrogé du personnel infirmier et médical, des chefs de communauté, des survivants, des proches endeuillés, ainsi que des fabricants de cercueils et des gardiens de cimetière.
Ils ont également examiné des photographies, des messages WhatsApp, des notes médicales et même des biographies lues lors des funérailles, qui mentionnaient les symptômes présentés par les défunts.
Il s’agit désormais de la deuxième plus importante épidémie jamais enregistrée dans le monde, le nombre de cas en République démocratique du Congo ayant atteint 3 532. Seule l’épidémie survenue en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 a été plus vaste, avec 28 616 cas recensés en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
Elle est causée par la souche rare Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué.