Un présentateur de télévision a été choisi mercredi pour devenir le nouveau roi du royaume de Tooro, en Ouganda. Sa désignation intervient après le refus surprise d’un premier candidat, pourtant élu par le comité de succession quelques jours plus tôt.
Le clan royal Babiito a annoncé mercredi 9 septembre 2026 la désignation d’Edward Rukidi Kijanangoma comme nouveau roi du Tooro. L’annonce a eu lieu au palais de Karuziika, à Fort Portal. Cousin du défunt roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, M. Kijanangoma est présentateur et rédacteur en chef à la chaîne publique Uganda Broadcasting Corporation.
Sa désignation intervient après un premier épisode mouvementé. Le comité de succession de 21 membres avait d’abord choisi le prince George Desmond Kamurasi, 36 ans, footballeur et entraîneur basé à Londres. Il avait recueilli 15 voix sur 18 lors du vote initial. Mais Kamurasi aurait ensuite refusé le trône, face aux critiques de partisans lui reprochant son éloignement du royaume. Le clan s’est alors tourné vers Kijanangoma.
Le roi Oyo est mort le 27 août 2026 aux États-Unis, à l’âge de 34 ans. Il y suivait un traitement contre le cancer. Il avait accédé au trône en 1995, à seulement trois ans, ce qui lui avait valu le surnom de « plus jeune roi du monde ». Il était aussi ambassadeur de bonne volonté des Nations unies dans la lutte contre le VIH/sida.
Le Tooro est l’un des cinq royaumes traditionnels reconnus par le gouvernement ougandais. Ces royaumes ne disposent toutefois d’aucune souveraineté officielle. Le roi Oyo était célibataire au moment de son décès. Le Premier ministre du royaume, Calvin Armstrong Rwomiire, avait affirmé que le souverain avait laissé un jeune héritier né hors mariage. Le comité de succession n’en a toutefois pas tenu compte en choisissant Kijanangoma.
Cette décision ne fait pas l’unanimité parmi les proches d’Oyo. « Nous sommes tout simplement très déçus », a déclaré Ruth Komuntale, la sœur d’Oyo, à la chaîne locale NBS. Elle a jugé la situation dramatique et risquée pour l’unité du royaume. Elle a précisé que le testament écrit d’Oyo indiquait clairement l’existence d’un héritier. L’identité de cet enfant n’a jamais été révélée publiquement.
La reine mère Best Kemigisa a de son côté dénoncé l’emprise d’un groupe autoproclamé sur le processus de succession. Elle affirme que des soldats ont été stationnés autour du palais royal. Sa famille se retrouverait ainsi placée en état d’assignation à résidence. Elle a appelé l’armée et le président Yoweri Museveni à agir. Elle réclame pour sa famille la liberté nécessaire pour faire son deuil dans la dignité.
La dépouille du roi a fait l’objet d’un hommage national à son retour en Ouganda, vendredi 4 septembre. Les funérailles auront lieu samedi 12 septembre, dans une ville isolée près de la frontière congolaise. Elles devraient rassembler des dizaines de milliers de personnes. Kijanangoma devrait être couronné dans le courant de la semaine.
Prudence AGBALETI