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La RDC lance la vaccination contre Ebola pour les agents de santé à l’épicentre de l’épidémie

La République démocratique du Congo a commencé samedi à vacciner les agents de santé contre Ebola à Bunia — épicentre de l’épidémie qui connaît la progression la plus rapide de l’histoire — car ces professionnels sont « particulièrement exposés et très impliqués dans la riposte », a déclaré le gouverneur de la province.

Les agents de santé et autres intervenants de première ligne dans la lutte contre Ebola sont prioritaires pour recevoir le vaccin Ervebo, qui s’est révélé efficace lors d’épidémies antérieures causées par un type de virus différent et plus courant. Des essais cliniques sont en cours pour trouver un vaccin homologué contre l’épidémie actuelle, provoquée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement homologué.

La campagne de vaccination cible les zones de Bunia et de Mongbwalu, dans la province de l’Ituri, ont indiqué samedi les autorités sanitaires. Ces deux zones figurent parmi les plus durement touchées par le virus.

« Notre devoir collectif est de protéger la vie. Le lancement de cette campagne de vaccination pour le personnel de première ligne en Ituri ne relève pas du hasard, car ces agents sont particulièrement exposés et très impliqués dans la riposte », a déclaré samedi le gouverneur militaire de l’Ituri, le général de division Gaby Kasongo Mulumba.

La campagne menée en Ituri et au Nord-Kivu devrait couvrir 20 000 agents de première ligne sur une période de six à neuf mois.

À la date de samedi, le pays avait enregistré 7 541 cas confirmés, dont 3 639 décès, selon les chiffres du gouvernement, tandis que 1 823 personnes s’étaient rétablies. Cette épidémie est considérée comme la plus meurtrière parmi les 17 précédentes épidémies d’Ebola survenues en République démocratique du Congo.

L’épidémie se propage dans des conditions extrêmement difficiles, marquées notamment par la guerre, l’insécurité, les déplacements de population, une grève du personnel soignant et d’intenses mouvements de population. L’Organisation mondiale de la Santé a déclaré que la situation restait hors de contrôle et risquait de dépasser en ampleur l’épidémie d’Ebola de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest — la plus meurtrière jamais enregistrée, avec plus de 11 000 décès, principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

Le mois dernier, le vaccin Ervebo a été déployé à Kisangani, dans la province de la Tshopo. La campagne devait couvrir 14 zones de santé dans les provinces de la Tshopo, du Bas-Uele et du Haut-Uele.

L’utilisation de l’Ervebo s’inscrit dans un contexte scientifique spécifique. Le vaccin est homologué pour lutter contre la maladie à virus Ebola causée par la souche Zaïre.

L’OMS a annoncé le mois dernier que 70 000 doses d’Ervebo avaient été approuvées pour une utilisation au Congo. Environ 50 000 doses sont destinées au personnel de première ligne et aux agents de santé, tandis que 20 000 doses seront utilisées dans le cadre d’un essai clinique visant à déterminer si le vaccin protège contre le virus Bundibugyo.

Le vaccin est administré dans le cadre d’un programme d’usage compassionnel, qui permet d’utiliser un produit médical face à une maladie grave, même s’il n’a pas été spécifiquement homologué pour cet usage précis.

Les autorités sanitaires ont indiqué que l’Ervebo pourrait offrir une certaine protection contre le virus Bundibugyo, les deux virus étant apparentés. Toutefois, la capacité du vaccin à réellement prévenir la maladie chez les personnes infectées par le virus Ebola Bundibugyo fait encore l’objet d’études.

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