Kako Nubukpo, économiste togolais et ancien cadre de la Francophonie, plaide pour un troisième mandat de Louise Mushikiwabo. Le scrutin désignera le secrétaire général de l’OIF le 16 novembre à Phnom Penh, face à trois autres candidats.
Dans une tribune, Kako Nubukpo soutient la secrétaire générale sortante de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). L’auteur a dirigé la francophonie économique et numérique au sein de l’OIF, sous la secrétaire générale Michaëlle Jean. Louise Mushikiwabo, élue en 2018 à Erevan et réélue en 2022, termine son deuxième mandat fin décembre 2026. Elle est candidate à un troisième mandat, une candidature officialisée par le Rwanda en janvier 2026.
Elle affronte la Congolaise Juliana Amato Lumumba, la Mauritanienne Coumba Bâ et le Roumain Dacian Cioloș. Les quatre candidats ont été auditionnés le 30 juin à Paris, une première dans l’histoire de l’organisation. Les chefs d’État et de gouvernement voteront à huis clos le 16 novembre, lors du XXe Sommet à Phnom Penh. Le consensus sera privilégié, sinon un vote à bulletin secret, à la majorité simple, désignera le vainqueur.
Kako Nubukpo salue le bilan de Louise Mushikiwabo, qu’il décrit comme une gouvernance rigoureuse, fondée sur les résultats. Selon lui, elle a assaini l’organisation après la présidence de Michaëlle Jean, notamment en se séparant d’une vingtaine d’agents. Il attribue une partie des critiques internes à ces départs, sans en apporter de preuve dans sa tribune.
Il conteste deux critiques récurrentes : l’origine rwandaise de la candidate et son silence présumé face aux reculs démocratiques. Il rappelle que l’OIF privilégie une diplomatie du consensus, faite de concertations discrètes plutôt que de déclarations publiques. Il appelle l’Afrique à soutenir massivement une candidature qu’il juge « légale et légitime » pour un mandat d’ouverture.
Ce troisième mandat ravive le débat sur l’alternance à la tête de l’OIF, sans interdiction juridique, selon plusieurs analyses. La rivalité entre le Rwanda et la RDC, en conflit dans l’Est congolais, pèse aussi sur cette élection. Mushikiwabo juge que ce conflit n’a pas sa place à l’OIF, a-t-elle déclaré à France 24 le 25 septembre. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté l’OIF en 2025, ce qu’elle n’attribue pas à sa direction.
Marie-Roger Biloa juge difficile de reconduire une responsable issue d’un pays en guerre larvée avec un autre membre de l’OIF. Elle note aussi que le Rwanda a adopté l’anglais comme langue de travail, ce qui interroge. Le consensus semble difficile à trouver, selon Infos Gabon, qui évoque même l’hypothèse d’une personnalité extérieure au processus. Reste à savoir si un consensus se dégagera, ou si un vote inédit départagera les quatre candidats.