Afreximbank et l’Organisation des producteurs de pétrole africains ont officialisé samedi 31 octobre, à Abuja, la Banque africaine de l’énergie. Dotée de 5 milliards de dollars de capital autorisé, elle doit financer toute la chaîne énergétique du continent.
La Banque africaine de l’énergie (African Energy Bank, AEB) a été officiellement créée samedi 31 octobre 2026 à Abuja. Afreximbank et l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) l’ont annoncé lors de la première assemblée générale. La banque dispose d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars pour financer l’énergie sur le continent.
Il s’agit d’une institution financière panafricaine, supranationale et indépendante, selon le communiqué des deux fondateurs. Le ministre d’État nigérian au Pétrole, Heineken Lokpobiri, et le ministre ivoirien de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, y assistaient.
Les documents fondateurs avaient été signés au Caire en juin 2024, avec 5 milliards de dollars de capital annoncé. Son démarrage était d’abord prévu en janvier 2025, puis a été repoussé à plusieurs reprises. Le Nigeria a remis en février 2026 le siège de la banque, situé à Abuja, à l’APPO et à Afreximbank. Selon le média Notre Afrik, la banque n’a encore accordé aucun prêt depuis sa création officielle à Abuja.
Les bailleurs traditionnels se retirent progressivement du financement des énergies fossiles, malgré le rôle essentiel du pétrole et du gaz. Les besoins d’investissement énergétique de l’Afrique sont estimés à 200 milliards de dollars, selon le communiqué. L’Agence internationale de l’énergie évalue ces besoins à plus de 200 milliards de dollars par an d’ici 2030. La banque entend contribuer à combler le déficit de financement et soutenir une transition énergétique juste adaptée aux priorités africaines.
L’AEB couvrira l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique : exploration, production, transport, transformation, raffinage et distribution. Ses financements viseront à renforcer les capacités productives et à réduire la dépendance aux produits pétroliers importés. Ils doivent aussi promouvoir les échanges intra-africains de produits énergétiques et accroître la participation des acteurs africains.
La banque cherchera des capitaux auprès des gouvernements, des compagnies pétrolières nationales, des institutions financières et d’investisseurs privés. Ces financements sont aussi présentés comme indispensables à l’industrialisation et à l’exploitation de technologies émergentes, dont l’intelligence artificielle.
L’assemblée générale a nommé l’Égyptien Helmy Ghazi premier président de la banque, ancien directeur général adjoint de HSBC Bank Egypt. L’assemblée a aussi constitué le premier conseil d’administration de l’institution, ouvert aux secteurs public et privé. Ce conseil réunit des représentants des secteurs public et privé, ainsi que d’institutions africaines spécialisées dans les politiques publiques.
L’APPO, créée en 1987 à l’initiative de l’Algérie, compte 18 pays membres, tous producteurs de pétrole ou de gaz. Pour ces pays membres, la banque constitue un nouvel instrument de coopération entre producteurs et de financement énergétique.