Le Soudan accuse l’Éthiopie de laisser les paramilitaires des FSR lancer des drones depuis son territoire. Khartoum a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Union africaine, mais Addis-Abeba dément toute implication.
Le Soudan accuse l’Éthiopie de servir de base arrière aux attaques de drones des Forces de soutien rapide (FSR). Le ministère soudanais des Affaires étrangères l’a affirmé dans un communiqué publié dimanche 1er novembre 2026. Il dit avoir saisi le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA. L’Éthiopie rejette ces accusations et dit respecter la souveraineté du Soudan, comme elle l’a déjà affirmé à plusieurs reprises.
Selon le Conseil souverain de transition, dirigé par l’armée, 70 attaques ont été recensées du 15 février au 27 octobre. Elles ont mobilisé 187 drones kamikazes et 82 munitions larguées par des drones venus d’Éthiopie, selon ce rapport. Il évoque près de 500 civils tués ou blessés, un bilan non vérifié de manière indépendante. Les recours citent des sites présumés : l’aéroport d’Asosa, la zone de Kurmuk-Gizen et la base de Bahir Dar.
Selon l’ONU, plus de 1 100 personnes ont péri dans des attaques de drones au Soudan au premier semestre. L’armée comme les FSR multiplient l’usage de drones, capables de frapper à des centaines de kilomètres.
Khartoum qualifie l’usage du territoire éthiopien d’acte hostile et d’« agression flagrante », contraire au droit international. Le Soudan se réserve aussi le droit de légitime défense et appelle à tenir les FSR pour responsables. Il réclame une condamnation explicite de ces attaques et des mesures conformes à la Charte de l’ONU.
Khartoum avait accusé officiellement l’Éthiopie pour la première fois le 2 mars 2026, à propos d’attaques en février et mars. Le Soudan a ensuite rappelé son ambassadeur à Addis-Abeba après une attaque de drones contre l’aéroport de Khartoum en mai. L’Éthiopie accuse en retour l’armée soudanaise de soutenir des rebelles liés au Front de libération du peuple du Tigré.
Khartoum dément cette accusation, tandis que Reuters avait rapporté en février l’existence d’un camp d’entraînement des FSR en Éthiopie. Un analyste cité par Dabanga juge la plainte surtout politique, et estime que des preuves détaillées la renforceraient.