La Cour suprême a jugé jeudi 5 novembre illégale la prolongation d’un an du mandat du président Hassan Sheikh Mohamud. Elle a aussi annulé le limogeage de son propre président, décidé la veille par le chef de l’État.
La Cour suprême de Somalie a jugé jeudi 5 novembre illégale la prolongation d’un an du mandat du président. Hassan Sheikh Mohamud aurait dû quitter ses fonctions en mai, selon la chambre constitutionnelle de la Cour. La Cour fixe la fin de son mandat au 15 mai 2026 et celle du Parlement au 14 avril.
La Cour demande aussi aux responsables politiques de s’accorder, puis d’organiser des élections sous 90 jours, selon plusieurs médias. Elle a aussi annulé le limogeage du président de la Cour suprême, Bashe Yusuf Ahmed, annoncé par la présidence.
Le mandat de quatre ans du chef de l’État est arrivé à expiration en mai 2026. Son gouvernement a alors annoncé une période de transition d’un an pour préparer les premières élections nationales.
Ces élections, au suffrage universel direct, sont prévues en avril et mai 2027, selon le gouvernement.
Le président invoquait des amendements constitutionnels adoptés en mars, qui portent le mandat de quatre à cinq ans. La Cour juge que ces amendements ne s’appliquent pas au mandat en cours, faute de disposition expresse. La Cour avait été saisie par l’ancien président Sharif Sheikh Ahmed, qui contestait la procédure de révision.
L’opposition y voit une concentration du pouvoir, et plusieurs dirigeants régionaux contestent aussi la légitimité de ces réformes. Le chef de l’État veut passer d’un système clanique, où les anciens désignent les représentants, à un vote direct.
Un bras de fer entre la présidence et la justice
Le président a annoncé mercredi soir, sur Facebook, la révocation du juge en chef Bashe Yusuf Ahmed. Il a nommé pour le remplacer Ibrahim Idle Suleiman, ancien président de la Cour suprême. La présidence invoquait la nécessité d’une justice « efficace et équitable », sans viser le contentieux sur le mandat.
La Cour a jugé cette décision « nulle et non avenue » et une tentative d’entraver une affaire dont elle est saisie. Elle relève que cette révocation exige l’intervention de la Commission du service judiciaire et du Parlement. Des informations non confirmées évoquent l’arrestation de Bashe Yusuf Ahmed ; l’opposition accuse le président d’avoir envoyé des troupes.
Un contexte sécuritaire et financier fragile
La Somalie affronte depuis des années l’insurrection d’Al-Shabaab, groupe islamiste affilié à Al-Qaïda, qui reste une menace majeure pour la sécurité du pays. L’Ouganda, premier contributeur de troupes de la mission de l’Union africaine, a annoncé lundi 2 novembre un retrait progressif. Ses quelque 4 500 soldats de l’AUSSOM doivent partir d’ici fin 2027, tout comme ceux déployés en accord bilatéral.
Le chef de l’armée, Muhoozi Kainerugaba, avait évoqué le 1er août 2027 comme date de départ complet. Les États-Unis ont informé l’Union africaine en juillet qu’ils ne soutiendraient plus le bureau logistique de l’ONU, l’UNSOS, après 2026. Cet organisme fournit nourriture, carburant, eau et soutien médical aux forces de l’Union africaine présentes dans le pays.
Une réduction progressive de ses services à partir de janvier 2027 aurait été négociée, selon Anadolu.