Un homme suspecté d’être un tueur en série, accusé du meurtre de dizaines de femmes, s’est évadé avec douze autres personnes d’un commissariat de la capitale kényane, Nairobi, a annoncé mardi 20 août la police.
« Ils se sont évadés la nuit dernière, treize personnes au total, y compris le suspect principal dans l’affaire du meurtre de la décharge », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) la porte-parole Resila Onyango. Il était détenu au commissariat de police de Gigiri, quartier du nord de Nairobi qui abrite notamment de nombreuses ambassades et le siège régional de l’Organisation des Nations unies.
L’évasion a été remarquée mardi matin lors d’« une visite de routine dans les cellules vers 5 heures (…) pour servir le petit déjeuner », précise un rapport de police consulté par l’AFP. « En ouvrant la porte de la cellule, [les policiers] ont découvert que treize prisonniers s’étaient échappés en découpant le grillage métallique », détaille-t-il, ajoutant que les treize évadés étaient « immigrés illégaux » érythréens, et Collins Jumaisi Khalusha. « Les recherches sont en cours pour traquer les fuyards », ajoute le rapport.
« Nos enquêtes préliminaires indiquent que l’évasion a été facilitée par des complicités, étant donné que des officiers [de police] étaient déployés en nombre pour garder le commissariat », a dénoncé dans un communiqué le chef de la police par intérim, Gilbert Masengeli. Devant la presse, M. Masengeli a également annoncé que huit policiers en poste la nuit derrière ont été placés en garde à vue.
Collins Jumaisi Khalusha avait comparu vendredi devant un tribunal de Nairobi et avait vu sa détention prolongée dans l’attente de la clôture de l’enquête. Les corps mutilés de dix femmes ont été retrouvés, enfermés dans des sacs en plastique, dans une décharge abandonnée de Mukuru située à une centaine de mètres d’un commissariat, avait annoncé le mois dernier l’agence officielle de protection des droits humains du Kenya (KNHCR).
La police a déclaré que Jumaisi avait admis avoir tué 42 femmes, dont son épouse, mais son avocat a déclaré au tribunal qu’il avait été torturé pour lui faire faire des aveux. Les procureurs nient qu’il ait été maltraité.