Le Mali s’apprête à rendre un dernier hommage au général Sadio Camara. Les obsèques de ce pilier du régime militaire sont prévues, ce jeudi 30 avril, à 10 heures (heure locale GMT), selon une source militaire. L’officier supérieur, âgé de 47 ans, a trouvé la mort samedi 25 avril à Kati, lors d’une attaque ciblée contre sa résidence.
D’après les premières informations, l’assaut aurait été perpétré à l’aide d’un véhicule piégé conduit par un kamikaze, dans un mode opératoire qui souligne la montée en puissance des groupes armés actifs dans le pays.
La mort du ministre intervient dans un climat de forte dégradation sécuritaire. Ces dernières semaines, des attaques coordonnées ont été menées par des groupes djihadistes affiliés au JNIM, parfois en collaboration avec des factions indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA). Plusieurs positions stratégiques des forces maliennes ont été visées, accentuant la pression sur les autorités de transition.
Face à cette situation, le gouvernement a décrété deux jours de deuil national, traduisant l’ampleur du choc provoqué par la disparition de l’un des hommes forts du régime.
Le chef de la transition, le colonel-major Assimi Goïta, a salué la mémoire d’un « valeureux officier », évoquant une « perte immense » pour la nation. Très influent au sein de l’appareil sécuritaire, Sadio Camara était considéré comme l’un des principaux artisans du rapprochement stratégique entre le Mali et la Russie, notamment sur le plan militaire.
Si les autorités assurent que la situation est désormais « maîtrisée », elles reconnaissent néanmoins traverser un moment d’« extrême gravité ». Le programme détaillé des funérailles devrait être communiqué dans les prochaines heures, alors que le pays se prépare à des obsèques sous haute tension, dans un contexte toujours marqué par l’instabilité.
Prudence AGBALETI