Les législateurs nigérians ont retiré mercredi un projet de loi qui aurait imposé des peines allant jusqu’à 10 ans de prison pour des actions jugées subversives, suite au tollé général suscité par les craintes qu’il s’agisse d’une tentative de réprimer la dissidence suite à la dernière vague de manifestations antigouvernementales.
Dans un communiqué, le président de la Chambre des représentants du Nigeria, Abbas Tajudeen, a déclaré que le retrait était « une réponse aux voix et aux préoccupations du peuple ».
Tajudeen, initiateur projet de loi, a déclaré que « la décision fait suite à des consultations approfondies avec un large éventail de parties prenantes et à un examen attentif de la situation actuelle du pays ».
Le controversé projet de loi contre la subversion, qui en était à ses débuts en débat, proposait une peine de prison de 10 ans pour refus de réciter l’hymne national, de cinq ans de prison pour l’érection d’un « barrage routier illégal » et de trois ans de prison pour « désobéissance à l’autorité constituée ».
Le projet de loi faisait suite à des protestations à l’échelle nationale contre les réformes économiques qui ont aggravé la crise du coût de la vie. Les manifestations ont échoué suite à une réponse policière meurtrière qui a fait au moins 22 morts.
Les critiques ont fait valoir que le projet de loi était une tentative du gouvernement de réprimer la dissidence et de limiter les manifestations publiques.
Le projet de loi avait été soumis à une deuxième lecture à la Chambre des représentants, la chambre basse du parlement nigérian, avant son retrait brutal.