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Au Burkina Faso, des magistrats envoyés au front en représailles aux décisions antisystèmes

Au moins six magistrats du Burkina Faso ont été enrôlés dans l’armée ce mois-ci pour avoir pris des mesures contre des militants pro gouvernements et d’autres individus, ont indiqué trois syndicats de magistrats dans un communiqué commun.

Le pouvoir militaire est accusé de réprimer la dissidence en kidnappant et en enrôlant les critiques, et en exhortant les citoyens à dénoncer les voisins suspects au nom de la sécurité nationale.

« Les syndicats de magistrats ont déterminé que ces magistrats ont traité dans un passé récent des cas de citoyens se réclamant de fervents partisans du gouvernement actuel », ont-ils indiqué jeudi dans un communiqué.

Le communiqué a été diffusé vendredi par les membres des syndicats de la magistrature auprès des journalistes.

Parmi les personnes visées figurent un procureur qui avait chargé la police d’enquêter sur les allégations de disparitions forcées formulées par des résidents locaux, et un juge chargé du cas d’une personnalité pro-pouvoir qui avait provoqué un glissement de terrain qui a tué une soixantaine de personnes, ajoute le communiqué.

Les dirigeants militaires ont systématiquement refusé de commenter de telles allégations formulées par des critiques, notamment Amnesty International et Human Rights Watch.

L’armée du Burkina Faso combat une insurrection djihadiste qui s’est étendue à toute la région du Sahel, au sud du Sahara, depuis son apparition il y a 12 ans. L’aggravation des violences dans la région a conduit à deux coups d’État au Mali, deux au Burkina Faso et un au Niger voisin depuis 2020.

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