Les deux organes législatifs libyens ont convenu mardi de nommer conjointement un gouverneur de la banque centrale, ce qui pourrait désamorcer la bataille pour le contrôle des revenus pétroliers du pays qui a réduit la production.
La Chambre des représentants basée à Benghazi, dans l’est de la Libye, et le Haut Conseil d’État à Tripoli, dans l’ouest, ont signé une déclaration commune après deux jours de discussions organisées par la Mission d’appui des Nations unies en Libye.
Ils ont convenu de nommer un gouverneur de la banque centrale et un conseil d’administration dans les 30 jours. La banque centrale libyenne est le seul dépositaire légal des revenus pétroliers libyens et elle paie les salaires de l’État dans tout le pays.
Les deux chambres ont également convenu de prolonger les consultations de cinq jours, qui se termineront le 9 septembre.
La Libye est en crise depuis le soulèvement soutenu par l’OTAN en 2011 et elle s’est divisée en 2014 entre les factions de l’est et de l’ouest. La guerre intensive a pris fin avec le cessez-le-feu en 2020 et des tentatives de réunification, mais les divisions persistent.
La Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État ont tous deux été reconnus au niveau international dans un accord politique de 2015, bien qu’ils aient soutenu des camps différents pendant une grande partie du conflit en Libye.
L’impasse a commencé lorsque le chef du Conseil de la présidence à Tripoli a décidé le mois dernier de destituer le gouverneur de la banque centrale Sadiq al-Kabir et de le remplacer par un conseil rival.
Les factions de l’Est ont alors décidé de suspendre la production de pétrole et d’exiger la suspension du limogeage de Kabir. Ce conflit menace de mettre fin à quatre années de stabilité relative.
Une partie de la production pétrolière a depuis repris et les prix du pétrole ont chuté de près de 5 % mardi, à leur plus bas niveau depuis près de neuf mois, signe que les négociants s’attendent à ce que le dernier accord permette de faire couler davantage de pétrole.
La banque centrale libyenne a été paralysée par la bataille pour son contrôle, ce qui l’a empêchée d’effectuer des transactions pendant plus d’une semaine. Le problème est sous-jacent au paysage politique fracturé du pays, composé d’institutions gouvernantes rivales dont la légitimité est fragile.