À Goma, Joseph Kabila pose ses exigences au chef de la MONUSCO
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À Goma, Joseph Kabila pose ses exigences au chef de la MONUSCO

Mardi à Goma, le chef de la MONUSCO, James Swan, a rencontré l’ancien président Joseph Kabila. Le FRN s’oppose au renouvellement du mandat de la mission onusienne et met en garde contre une révision constitutionnelle.

 

Le chef de la MONUSCO, James Swan, a rencontré mardi 3 novembre à Goma l’ancien président Joseph Kabila. Kabila dirige depuis le 12 octobre le Front pour la refondation de la nation (FRN) qui succède à l’AFC/M23. Le mouvement s’oppose au renouvellement du mandat de la MONUSCO, qui expire le 20 décembre 2026. Il rejette aussi un redéploiement des Casques bleus au Sud-Kivu et avertit contre un changement de Constitution.

James Swan était arrivé à Goma la veille, lundi 2 novembre, pour des consultations avec les acteurs du conflit. Il était accompagné du général de brigade Givenz Kishombe Sichali et du conseiller principal Walter Lotze.

Marilyn Ngum Fru, cheffe de bureau du représentant spécial adjoint, faisait aussi partie de la délégation onusienne. Joseph Kabila était entouré des vice-présidents du FRN, Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, ainsi que du colonel John Imani Nzenze. L’ancien sénateur Moïse Nyarugabo était également présent à la rencontre, tenue à la résidence de Kabila.

La MONUSCO a inscrit cette visite dans ses consultations sur la protection des civils et l’accès humanitaire. Les échanges portent aussi sur le suivi du cessez-le-feu, dans la continuité de ses contacts avec l’AFC/M23. James Swan n’a fait aucune déclaration à la presse, et aucun communiqué conjoint détaillé n’a été publié. Selon Bertrand Bisimwa, la délégation onusienne souhaitait mieux connaître le FRN, qu’il a présenté comme un « agenda national ».

Bertrand Bisimwa présente le FRN comme le continuateur de l’AFC/M23 et affirme que les engagements de Doha restent valables. Il estime que le mouvement a « hérité de l’actif et du passif » de la rébellion. Il décrit le Front comme une réaction à la « tyrannie » que le président Félix Tshisekedi aurait instaurée. Le statut du FRN à Doha reste à clarifier, car aucune négociation directe avec Kabila n’a été annoncée.

La MONUSCO dans le viseur

Sur le renouvellement du mandat, le FRN est catégorique : il souhaite que le retrait des Casques bleus se poursuive. Bertrand Bisimwa qualifie le bilan de la mission d’« échec total », mais admet un appui logistique au mécanisme de vérification.

Le Conseil de sécurité a prolongé la mission d’un an par la résolution 2808, adoptée le 19 décembre 2025. Elle autorise aussi l’appui à un cessez-le-feu permanent, via un mécanisme de suivi et de vérification. La résolution rappelle que la zone d’opérations de la mission se limite au Nord-Kivu et à l’Ituri.

Le FRN refuse que cet appui logistique serve à justifier un retour des Casques bleus au Sud-Kivu. Bertrand Bisimwa juge stabilisées les zones sous son contrôle, malgré la poursuite des combats dans l’est du pays.

Doha sous la pression du débat constitutionnel

Le FRN demande aussi à l’ONU de dissuader le président Félix Tshisekedi de modifier la Constitution. Selon Bertrand Bisimwa, la Déclaration de principes, l’accord-cadre et les protocoles de Doha reposent sur le texte actuel. Si la Constitution change, a-t-il averti, « tout le processus de paix de Doha va tout simplement s’effondrer ».

Cette mise en garde suit l’adoption de la loi référendaire par le Sénat, samedi 31 octobre, en seconde lecture. Le texte a obtenu 78 voix sur 78 votants, alors que l’opposition a refusé de participer au scrutin. Le texte sera transmis au président Tshisekedi pour promulgation, après son adoption le 23 octobre par l’Assemblée nationale. La loi ne décide pas elle-même d’une révision, mais l’opposition redoute qu’elle ouvre la voie à un changement de Constitution.

Le 30 octobre, le Groupe de contact international pour les Grands Lacs a appelé au respect de la Constitution. Il a aussi rejeté catégoriquement la violence comme moyen politique et cité nommément le FRN.

Bertrand Bisimwa a accusé les forces gouvernementales et leurs alliés d’offensives à Mwenga, Shabunda, Walikale, Minembwe, Masisi et Kalehe. Il dénonce l’usage de drones et met en cause les Wazalendo, l’armée burundaise et des mercenaires. À Minembwe, il affirme qu’un blocus prive les habitants de nourriture et de médicaments depuis près d’un mois. Il ne chiffre pas les morts et les blessés, et demande que ces accusations soient transmises au Conseil de sécurité. Ces accusations émanent du seul FRN et n’ont pas été confirmées de manière indépendante dans les sources consultées.

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